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« Que ces paroles sont belles dit Dunyâzâd à sa soeur Shahrâzâd; elles savent mieux prendre
les coeurs que ne les ensorcellent les chants les plus mélodieux. Et quelles merveilles que ces
récits étranges et ces histoires rares et étonnantes !
Cela n'est rien encore, répondit-elle, comparé à ce que je vous raconterai la nuit prochaine,
pour peu que le roi consente à me laisser en vie jusque là ! » (1001 nuits)
Cette nuit là, le samedi 30 novembre, Pascal Quéré et Anne Lauron nous ont véritablement ensorcelés,
mots et musique confondus, en nous offrant un véritable petit joyau.
Le public ne s'y est pas trompé, quatre-vingt dix personnes, venues de quatre départements différents.
Et quel public ! Une qualité d'écoute et une fidélité à toute épreuve, puisque plus de cinquante
étaient encore là, à 7 heures du matin, pour applaudir au dernier mot du conteur et partager le dernier café.
Qui sont-ils ?
Lui, Pascal Quéré, conteur professionnel depuis vingt ans. Il puise son répertoire
dans la littérature orale française et européenne, Grimm en particulier. Mais « Les 1001 nuits »
demeurent son terrain d'aventures privilégié, qu'il fréquente patienment depuis plus de quinze ans,
et qu'il a apprivoisé au point de composer sa propre version, à la fois ancienne et contemporaine.
Une foison de contes d'orient auxquels s'ajoutent des récits empruntés à l'Inde ancienne,
à la Perse, à l'Afrique du nord, à la spiritualité soufi...
Elle, Anne Lauron, flûtiste de métier, s'oriente aujourd'hui vers le jazz, l'improvisation et
la musique modale. Elle fabrique elle-même ses instruments en terre : une jarre avec un trou
d'où naît le son, rond, plein et chaleureux ; des flûtes basses à quatre sons ou des petites flûtes
qui aiment les hauteurs, tourbillonnent, s'envolent, improvisent...
Ses instruments d'argile vibrent, chantent de leurs harmoniques naturelles, nous font le don
d'une musique fragile, sauvage ou délicate, sensuelle, mystérieuse comme le vent, nous amènent
avec le conte dans un libre voyage.
Reste la magie des « Mille et une nuits » ! Ce roi qui s'endurcit parce que blessé dans son honneur
et sa fierté ; et cette femme qui maintient par sa parole le fil de la vie, nuit après nuit.
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Avec eux, nous avons ouvert une à une les portes du destin, de la ruse, du devenir, du plaisir
et de la licence, du malheur et de la compassion, de la sagesse... Jusqu'au petit matin.
Un parcours de vie sans aucun doute. C'est bien là la force du conte, toujours vrai, si profondément
humain, qui nous touche tant ! Et ce n'est pas non plus pour rien que ce roi, après trois ans,
s'ouvre à nouveau au bonheur, au pardon, à la vie, quand naît le petit jour et le premier soleil ;
Quel symbole magnifique !
Pendant que Pascal conte, Anne improvise, fait danser notre âme, l'inquiète ou l'apaise suivant
les chemins que prennent l'histoire.
Et le temps est passé comme un souffle !
Ce sont toutes ces richesses que chacun a emporté chez soi, le dimanche matin, les mains chargées
de gâteaux et de fruits. Car nous n'avons pas oublié les plaisirs de la bouche ! A chaque entracte,
un buffet oriental, bien garni, offrait des spécialités de miel et de sucre aux odeurs de thé à la menthe,
à côté d'une fontaine de fruits.
Chaleur, convivialité, ont bien réuni ce soir-là tout ceux qui par passion, par amitié ou par
curiosité, se sont retrouvés aux château des quatres tours, à Velaux, qui ont accepté, le temps d'une nuit,
d'oublier le temps, de pénétrer dans des mondes inhabituels, de partager leur sensations, leurs émotions,
et même parfois leur sommeil.
Merci... au C.A.S.L. d'avoir accepté ce pari un peu fou : écouter des contes toute une nuit !
...à tout ceux qui nous ont fait confiance. Aucun n'a été déçu si l'on en croit les remerciements qui
nous arrivent
...à tout ceux qui ont travaillé dans l'ombre pour que cette nuit soit un succès.
Merci à Anne Lauron et à Pascal Quéré qui nous ont offert ces instants uniques. Nous leur dédions
ces quelques mots envoyés par des auditrices de saint Chamas :
« Merci pour cette nuit de plaisir ! Les moments de pur bonheur sont rares. Vous nous avez donné
l'occasion d'ouvrir notre coeur aux émotions les plus simples. »
Marie Pascal (Atelier d'écriture C.A.S.L.)
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