|
Comme au temps de l'enfance, « raconte moi une histoire » et on change de monde.
Sophie Joignant commence à parler et immédiatement des monstres sortent des mers,
les sirênes sont là au milieu des flots qui baignent le forum de la médiathèque.
Tous les personnages mythiques de l'Odyssée d'Ulysse défilent sous nos yeux.
L'espace qui enrobe la conteuse est entièrement occupé par les sons nés comme par magie
du souffle d'Anne Lauron. La musique de ses oiseaux de terre, de ses flûtes répond aux mots
de la conteuse. Elle leur apporte une richesse sonore différente qui vient en calque
raconter sa propre histoire.
On a envie de fermer les yeux pour mieux se laisser porter, emporter aux côtés d'Ulysse,
sur son bateau battu par la tempête, au coeur des flots déchainés.
Un mardi quelconque, la nuit ,le froid d'un soir d'hiver, la vie et son lot de tourments
et soudain tout bascule. Une heure entre parenthèses. Une heure durant laquelle tout à coup
on est le compagnon d'Ulysse et l'on tremble : le cyclope nous mangera-t'il à son prochain repas ?
Tout à coup la vie est merveilleuse, peuplée de vaillants héros, de monstres sanguinaires,
de jolies déesses.
Ulysse se perdra-t'il comme nous dans la nuit de la vie ? Trouvera-t'il le chemin pour rejoindre
Pénélope qui l'attend ? Déjouera-t-il les pièges des dieux ?
|

On sent chez la bretonne Sophie Joignant cet amour de la mer. Le goémon est là, toujours à portée de main.
On respire les embruns iodés à pleines bouffées. Pendant que les oiseaux qui s'envolent des mains
de Anne Lauron viennent nous murmurer à l'oreille de douces mélodies.
Quand la lumière se rallume, le soleil grec a eu raison de la nuit et du froid. Posés sur le sol
les oiseaux d'Anne dissimulent un petit sourire malicieux. Sûr qu'ils donnent des rendez-vous
mystérieux aux enfants qui viennent les caresser, une dernière fois avant de partir.
Isabelle JOUVE
|